Une Conférence d’entente nationale débute au Mali ce 27 mars, pour quoi faire ?

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Pourquoi et avec qui devons-nous nous entendre, dans quel intérêt ? Qu’a-t-il été fait en matière de justice pour aboutir à une entente ? Une entente comme la paix ne s’invente pas, ça ne s’improvise pas.

La décision de tenir une conférence nationale est certes salutaire et indispensable. Toute rencontre profite à la réconciliation si celle-ci prend en compte les vraies questions et apporte des réponses justes et exactes aux pourquoi et comment, nous en sommes arrivés à la situation actuelle. Sans ces conditions, la conférence n’a aucun sens et ne pourra pas atteindre l’objectif de réconciliation au sens propre du mot : renouer des liens.

Une entente avant d’être nationale ou internationale, c’est d’abord entre des personnes, auxquelles on ne peut pas imposer une date à la va-vite. Pour amorcer une entente durable, il faut, avant tout, savoir ce qui s’est passé. Qu’apportent comme informations crédibles, les différentes enquêtes au sujet des crimes commis ? Quelles sont les victimes, les auteurs des crimes et qu’est-ce que la justice a décidé ?

Les victimes une fois connues, répertoriées, accompagnées psychologiquement et aidées financièrement et intellectuellement à se reconstruire pourront bâtir les bases d’une entente solide dont a tant besoin ce fameux Mali-Bâ.

C’est de là que pourra naitre le pardon si des efforts sont faits de part et d’autre.

 Cacher les saletés sous les tapis en faisant le nettoyage. En apparence, ça a l’air propre sauf que sous les tapis se cachent encore des saletés.

Toutes ces questions doivent donc avoir des réponses avant de pouvoir réellement s’entendre sur quoi que ce soit.

Si une conférence se limite seulement à mobiliser son financement qui inclut des indemnités pour les participants venus de partout, alors sachez que l’entente verra de nombreuses années avant de se concrétiser.

Cette conférence doit s’attaquer aux causes profondes qui ont permis la crise malienne et non seulement au superficiel ou aux problèmes de façade. Essayons de voir le fond du problème pour espérer le résoudre. C’est la base indispensable pour permettre au Mali de renaitre de ses cendres.

Pour une entente durable et transparente, voici quelques ingrédients :

  • Qui sont ceux qui ont contribué au malheur des populations maliennes ? Pouvoir le savoir est une chose, arrêter les coupables et décidés des sanctions en fonction des dégâts causés en présence des victimes, en est une autre. Se référer au Code pénal du Mali (loi 01-079 du 20 août 2001).
  • Une fois ce vaste chantier terminé et exécuté dans le respect des droits de chacun, nous pouvons alors commencer à espérer un début d’entente.
  • Depuis des années, au Mali et dans beaucoup de pays africains, nous organisons des conférences, des séminaires, des sommets mais en réalité que changent-ils réellement dans la vie des populations ?
  • Si nous n’identifions pas les responsables de nos malheurs avant de tenir une conférence dite nationale, alors ne soyez pas étonné de refaire la même conférence dans dix ou vingt ans et continuez à demander de l’argent pour organiser ces rencontres qui en réalité permettent à une petite élite de décider et d’imposer leurs solutions à tout un pays.
  • Les différentes enquêtes ouvertes pour des crimes, des violations des droits humains par l’État ou toutes autres organisations doivent enfin voir le jour (le droit de savoir). Sinon, nous cultivons l’impunité totale que subissent et subiront des générations, encore et encore.
  • Certainement pour faire simple et plus facile, ce que nos gouvernements sont habitués à faire, c’est d’amnistier les coupables et de se serrer la main, soi-disant que nous nous sommes réconciliés. Sauf que ça ne se passe pas comme ça, si nous voulons éviter à jamais que de tels crimes se reproduisent.
  • Il est possible de pardonner et à la longue même d’oublier mais à condition que les coupables soient identifiés et punis. Si notre État n’a pas la possibilité de les identifier et décider de leur sort, alors il ne faut pas qu’il oblige ses populations à une entente forcée et montée de toutes pièces comme un puzzle. Ce n’est pas de ça dont des populations tant martyrisées ont besoin.

Une pétition au sujet de cette conférence nationale est d’ailleurs en ligne ici

A bon entendeur salut!

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